L’objectif était clair : rallier l’I.C.O de Nantes et Angers en autonomie totale.
L’aller en marchant et en courant, le retour à vélo. Un défi symbolique, fort de sens, sur ces terres qui m’ont accompagné dans mon combat.
En janvier 2025, je me lance le long de la Loire.
Les températures sont négatives. Le froid mord, saisit, ralentit… mais il devient aussi un moteur : rester en mouvement pour ne pas finir en stalactite. Chaque pas est une lutte contre le froid, contre la fatigue, mais surtout une preuve que je suis vivant et debout.
L’itinéraire initial, prévu au plus près de la Loire, doit être modifié à cause des inondations. L’imprévu fait partie du jeu. Il oblige à s’adapter, à contourner, à persévérer. Comme dans la maladie, finalement.
Sans assistance, je pars seul dans cette aventure.
Mais seul ne veut pas dire isolé.
La première nuit, je la passe en chambre d’hôte à Oudon (44). Un moment de pause, de chaleur humaine, presque hors du temps.
La deuxième nuit, je suis accueilli chez l’habitant, à La Chapelle Saint Sauveur.
Et tout au long du parcours, la solidarité est bien présente.
Chez l’habitant, comme avec les gars du service technique d’une des communes traversées, ou encore avec les patrons, les serveuses et les clients du café de mon dernier arrêt pour prendre une boisson chaude… chacun y va de son conseil, de son plan improvisé, de son itinéraire « sur mesure » pour m’éviter les zones inondées et les pieds trempés.
Ces gestes simples ont une valeur immense.
Ils réchauffent autant que le café.
Ils portent autant que les jambes.
En trois jours, je parcours 130 kilomètres à pied.
Un exploit personnel immense quand je repense qu’avant le cancer, je courais seulement 10 kilomètres. La distance n’est pas seulement géographique, elle est aussi symbolique : elle mesure le chemin parcouru depuis les jours les plus sombres.
Le défi est réalisé à moitié : le retour à vélo n’a pas pu se faire. Trop risqué. L’épuisement accumulé à l’aller, combiné au fait que le trajet retour aurait été exclusivement sur route, m’a obligé à prendre une décision raisonnable.
Pour une fois, j’ai réfléchi 😁
Mais ce n’est que partie remise. Je le referai, à une période plus favorable.
Parce que l’important n’est pas seulement d’atteindre l’objectif,
c’est de continuer à avancer.
Et surtout… de se rappeler que, même dans l’effort solitaire, la solidarité n’est jamais loin.
Des bisous à toutes les personnes que j’ai croisées sur ce chemin.
Des bisous.
💪 On ne lâche rien.